Dormir ne suffit pas toujours à récupérer
- sarahhens7
- 30 juin
- 3 min de lecture

Huit heures de sommeil, et pourtant cette fatigue qui colle à la peau dès le réveil. Vous connaissez peut-être cette sensation : le corps est couché, mais quelque chose en lui reste en veille, comme s'il n'avait jamais vraiment lâché. Les journées s’allègent, les vacances approchent, et malgré tout, le repos ne vient pas si facilement.
C'est que la récupération ne dépend pas uniquement du temps de sommeil. Elle dépend de la capacité du système nerveux à quitter le mode « survie ».
Deux modes de fonctionnement, un seul corps
Notre système nerveux autonome fonctionne avec deux grands équilibres. Le système sympathique nous mobilise pour se mettre en action, réagir, tenir. Le système parasympathique favorise le repos, la digestion, la réparation des tissus et l'intégration de ce que nous venons de vivre.
Après un stress prolongé, un burn-out, une période émotionnellement chargée, il arrive que le corps ait du mal à retrouver seul ce second état. On reste en alerte, même au repos. Et c'est précisément là que la respiration et les fascias entrent en jeu.
La respiration, porte d'entrée vers le parasympathique
La respiration est l'une des rares fonctions à la fois automatique et volontaire. C'est ce qui en fait un levier si précieux : en modifiant consciemment son rythme respiratoire, on peut directement influencer le système nerveux autonome.
Patrick McKeown, qui est un expert sur la physiologie respiratoire, montre comment une respiration trop rapide ou trop haute entretient un état d'alerte permanent, même en l'absence de danger réel. À l'inverse, ralentir et fluidifier le souffle envoie au cerveau un signal de sécurité. C'est souvent la première chose que je travaille avec les personnes que j'accompagne : avant de chercher à « se détendre », apprendre à respirer autrement.
Les fascias, réseau sensoriel de la sécurité intérieure
Les fascias ne sont pas qu'une enveloppe de soutien. Les recherches du Pr Robert Schleip ont montré qu'ils sont richement innervés par des récepteurs sensoriels, et qu'ils participent activement à la proprioception, c'est-à-dire à la perception que nous avons de notre propre corps. Plusieurs de ses travaux suggèrent qu'un travail manuel doux, associé à une attention fine portée aux sensations, peut favoriser l'activation du système parasympathique et améliorer la variabilité de la fréquence cardiaque, un marqueur reconnu de la capacité de récupération.
Cette dimension sensorielle des fascias rejoint ce que Danis Bois explore depuis des décennies à travers la fasciathérapie et la pédagogie perceptive : le corps n'est pas seulement un mécanisme à réparer, c'est aussi un lieu de perception, capable d'apprendre à se réguler lorsqu'on lui en donne l'occasion. Sentir, plutôt que forcer. C'est tout l'enjeu du mouvement sensoriel : ne pas imposer une détente, mais créer les conditions pour qu'elle survienne d'elle-même.
Quand le corps retrouve un sentiment de sécurité
Ce qui relie respiration, fascias et mouvement perceptif, c'est cette même logique : le corps ne récupère pas sur commande. Il récupère lorsqu'il se sent en sécurité. Et ce sentiment de sécurité se construit autant par ce qu'on fait que par ce qu'on cesse de faire.
Si vous ressentez une fatigue qui persiste malgré le repos, des tensions qui reviennent sans cesse, un sommeil peu réparateur ou cette sensation d'être toujours en alerte, ce n'est pas un manque de volonté. C'est peut-être simplement que votre système nerveux n'a pas encore retrouvé le chemin vers le mode récupération, et que le corps, à sa manière, vous le rappelle.
Et l'été est peut-être le bon moment pour, enfin, l'écouter.
Sources :
Robert Schleip, Fascia Research Group (Ulm University) : recherches sur l'innervation sensorielle des fascias et la proprioception.
Patrick McKeown, fondateur d'Oxygen Advantage : The Breathing Cure (2021).
Danis Bois, fondateur de la fasciathérapie MDB et de la pédagogie perceptive, recherches menées via le CERAP à l'Université Fernando Pessoa.



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